Au delà des frontières - AnuschB & Eric Guéna

L'exposition 'Au-delà des frontières' rassemble des oeuvres d'AnuschB et d'Eric Guéna qui ont en commun qu'elles traversent les frontières du visible et de l'invisible. Les sculptures en verre d'AnuschB renferment des tranches de vie passée et peut être future, des tranches de vie ancrées dans une histoire personnelle et forte. Les peintures figuratives d'Eric Guéna nous transportent dans des mondes lointains et nous font découvrir des personnages inconnus intemporels qui nous posent des questions de la vie 'd'ici et maintenant' ou encore des questions complexes cosmogoniques comme peuvent aussi le faire ses peintures abstraites.

Anuschb, née le 5 Oct 1971, est une artiste belge qui vit entre Bruxelles et Murano. Elle a retrouvé à Venise la lagune de son enfance Africaine : comme une évidence, le cercle de la vie…
Elle nous explique ' La perle m’a amenée au travail du verre dans ses différentes techniques à chaud et à froid. Le verre, medium aux possibilités d’expressions infinies, il offre la transparence et l’opacité, la plasticité et la dureté, la douceur et la rugosité … Je travaille principalement la pièce unique que ce soit dans le bijou, les sculptures, peintures ou objets usuels. Mon travail s’articule souvent autour de la répétition de formes simples. Il trouve son énergie et son unicité dans mon histoire personnelle'.

Œuvres 'Tranches de vie'
AnuschB écrit : 'Tranches de Vie, Héritage, Transmission ... Hommage à mon père
Ces nouvelles pièces sont nées d'une suite de coïncidences, de tests, d'erreurs ... et de hasards qui n'en sont pas. Elles sont étroitement liées au départ de mon père le 18 Août 2015.Le verre m'a offert ces Tranches de Bois, comme des Tranches de Vie, les valeurs que mon père m'a transmises.
Mon père a fait toute sa carrière en Afrique: dans le négoce et la transformation du bois. Enfant, je l'ai accompagné maintes fois le dimanche sur le parc à grumes d'Abidjan. Il m'a dit et montré l'Amour du travail que l'on fait'.

Eric Guéna, né en 1953, est architecte (DESA) et titulaire d'un doctorat d'esthétique et sciences de l'art. Il a également suivi plusieurs formations de restaurateur d'art japonais et chinois. Dans les années quatre- vingt, à l'occasion de ses nombreux voyages en extrême orient, il s'initiera aux techniques du sumi-é (encre de chine sur papier) et au travail de la feuille d'or. C'est ainsi qu'il développera et s'imprègnera dans sa peinture des techniques picturales tant occidentales qu'orientales. L'alliance de ces différents savoir-faire se retrouve aujourd'hui dans son travail et participe à la singulière atmosphère qui habite chacun de ses tableaux. Pendant les années 2000, Eric Guéna commence à s'intéresser à l'abstraction. Son travail figuratif privilégiant l'épaisseur de la matière picturale, l'opposition des couleurs, leur transparence ou leur matité, lui servira de socle pour développer un univers abstrait très personnel sur des thèmes ayant comme objet principal l'environnement qu'il soit naturel ou transformé par l'homme.
C'est ainsi qu'au cours de ces dernières années plusieurs de ses expositions internationales auront pour thème l'eau, l'herbe, la feuille d'arbre, la terre vue du ciel et les traces de l'activité humaine sur la terre.

Marie-Pascale Meunier écrit: '
Les oeuvres figuratives d’Eric Guéna suggèrent, dans l’instant saisi, un avant, un après, comme le mouvement incessant et continue de la vie, le temps qui passe. Sa peinture nous plonge dans un univers doré sans décors. Posés dans cet espace mouvant, des personnages asexués, Hommes-enfants aux allures de moines semblent flotter. Mis en scène avec sobriété, dans une ambiance éthérée ils évoluent avec un tel naturel et une telle spontanéité que l’on a l’impression de leur voler un brin de leur intimité. Hors du temps, prisonniers de leurs rêves, de leurs peurs, de leur histoire, emportés par leur destin, tout simplement concentrés dans l’ici et maintenant, conscients ou en équilibre, leur visage rond est toute innocence, pureté. Que de profondeur et de recueillement dans leur posture. Leurs échanges silencieux sont au-delà des mots. Qu’ils communiquent entre eux, avec leur environnement, qu’ils se parlent à eux-mêmes ou qu’ils s’adressent à une entité invisible supérieure, ils s’expriment par la justesse de leur attitude. Comme un miroir sans intention, dans un monde uni, indéfini, sans fin, poursuivant un chemin connu d’eux seuls, ces êtres singuliers, joueurs parfois, intriguent par leur simplicité leur spiritualité leur humanité et nous ramènent à l’essence de nous-mêmes, nous bousculant avec douceur…
Quel est donc le suspens, le mystère, la sensation d’une forte présence invisible inhérente aux toiles figuratives d’Eric Guéna ?
N’est-ce pas paradoxal que le figuratif nous ouvre les yeux sur l’illimité, repoussant les contours du tableau, et nous suggère l’autre côté de la vie, efface les alentours pour nous ouvrir sur l’universalité ?'

11 septembre > 10 novembre 2017
Opening: 
14 septembre 2017